• Ricochets

     

     

     

     

     

     

     

    Ricochets

    frôler

    ce qui semble

    printemps

    ce presque rien

    qui palpite

    Jardin d'ombres

    Ricochets

    Ricochets

    Avril 2013

     

     


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  • Sauvages, au cœur des zoos humains | Narration par Abd al Malik | Documentaire de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet | France, 2018,  Pendant plus d'un siècle, les grandes puissances colonisatrices ont exhibé comme des bêtes sauvages des êtres humains arrachés à leur terre natale. Retracée dans ce passionnant documentaire, cette "pratique" a servi bien des intérêts. Ils se nomment Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga, Marius Kaloïe et Jean Thiam. Fuégienne de Patagonie, Aborigène d’Australie, Kali’na de Guyane, Pygmée du Congo, Kanak de Nouvelle-Calédonie, ces six-là, comme 35 000 autres entre 1810 et 1940, ont été arrachés à leur terre lointaine pour répondre à la curiosité d'un public en mal d'exotisme, dans les grandes métropoles occidentales. Présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, exhibés dans de véritables zoos humains, ils ont été source de distraction pour plus d'un milliard et demi d'Européens et d'Américains, venus les découvrir en famille au cirque ou dans des villages indigènes reconstitués, lors des grandes expositions universelles et coloniales. Racisme populaire S'appuyant sur de riches archives (photos, films, journaux…) ainsi que sur le témoignage inédit des descendants de plusieurs de ces exhibés involontaires, Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet restituent le phénomène des exhibitions ethnographiques dans leur contexte historique, de l’émergence à l'essor des grands empires coloniaux. Ponctué d'éclairages de spécialistes et d'universitaires, parmi lesquels l'anthropologue Gilles Boëtsch (CNRS, Dakar) et les historiens Benjamin Stora, Sandrine Lemaire et Fanny Robles, leur passionnant récit permet d'appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du "sauvage". Et comment, succédant au racisme scientifique des débuts, a pu s'instituer un racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde.


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    "Je dédie ce post à mes enfants et à tous les enfants de la terre
    Puissent-ils avoir la clairvoyance et le courage que nous n'avons pas eus (et je ne leur demande pas de nous pardonner).
    Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
    Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
    Nous avons chanté, dansé.
    Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
    Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
    On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
    Franchement on s'est marrés.
    Franchement on a bien profité.
    Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
    Certes.
    Mais nous y sommes.
    A la Troisième Révolution.
    Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
    « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
    Oui.
    On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
    C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
    La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
    De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
    Son ultimatum est clair et sans pitié :
    Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
    Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
    Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
    D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
    Peine perdue.
    Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
    Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
    S'efforcer. Réfléchir, même.
    Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
    Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
    Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
    Pas d'échappatoire, allons-y.
    Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
    Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
    A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
    A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
    A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

    Fred Vargas
    Archéologue et écrivaine


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  • A Dax, dans les Landes...

    Pour l'architecte Nathalie Grégoire, chargée de concevoir le village, c'est un sacré pari : sécuriser l'espace, le rendre accessible à un public fragile qui peut devenir dépendant, et qu'on doit surveiller en permanence, mais sans en avoir l'air.  C'est ça, le village Alzheimer. 120 patients, 120 soignants, et autant de bénévoles. Ici, on ne portera pas de blouse blanche, les résidents habiteront des maisons avec chacune sa cuisine, son séjour et son jardin. Le tout, installé autour d'une vraie place de village.  


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  • Nouveau modèle du drapeau français?


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  •  Je lègue à mes amis un bleu céruleum pour voler haut
     un bleu de cobalt pour le bonheur
     un bleu d'outremer pour stimuler l'esprit
     un vermillon pour faire circuler le sang allègrement
     un vert mousse pour apaiser les nerfs
     un jaune d'or : richesse
     un violet de cobalt pour la rêverie
     une garance qui fait entendre le violoncelle
     un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat
     un ocre jaune pour accepter la terre
     un vert Véronèse pour la mémoire du printemps
     un indigo pour pouvoir accorder l'esprit à l'orage
     un orange pour exercer la vue d'un citronnier au loin
     un jaune citron pour la grâce un blanc pur: pureté
     terre de Sienne naturelle: la transmutation de l'or
     un noir somptueux pour voir Titien
     une terre d'ombre pour mieux accepter la mélancolie noire
     une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée
     (Viera da Silva, "Le Testament")


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  • Manu Topic


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  • Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question.

    Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous! Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est.

    Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

                                                                          C. Baudelaire


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  • La clé (Oh peuple palestinien)

    C'est drôle ils ont autour du cou
    comme le souvenir d'un coup
    qui ne guérit pas de sa plaie

    C'est une clé comme un bijou
    qui leur rappelle quand ils jouent
    une maison un champ de blé

    Il rappelle à la nuit tombée
    qu'un jour on leur a dérobé
    tout ce qu'ils avaient de plus cher

    Oui un jour qu'ils étaient distraits
    on leur a tout volé d'un trait
    à dix contre un la belle affaire

    —————————

    C'est drôle ils ont pour tout bagage
    une clé, et quand on voyage
    on se demande à quoi ça sert

    Puisqu'ils n'ont pas de robinets
    pas de feu dans la cheminée
    et partout que des adversaires

    C’est drôle jamais vu sur terre
    un peuple qui n'a pas de frères
    et qu'est entouré de cousins

    C'est à croire qu'il faut qu'on tremble
    devant celui qui vous ressemble
    et pire si c'est son voisin

    —————————

    Tous ces gens oh peine perdue
    qui ne réclamaient que leur du
    qu'on a chassé comme des rats

    On dirait que l'humanité
    en buvant son verre de thé
    leur aurait dit bon débarras

    Ce peuple que la terre admire
    et lui demande de tenir
    la tête sous un édredon

    Est un cimetière perdu
    une mise à mort assidue
    qui a vu pareil abandon ?

    —————————

    Bizarre cette clé qui pend
    en attendant que l'occupant
    veuille bien les laisser passer

    Et s'ils ont pris la clé des champs
    ils se sont promis en marchant
    de rien effacer du passé

    Ce peuple qu'est barricadé
    on dirait qu'on le joue au dé
    on dirait la cause perdue

    Mais on a jamais vu plier
    là-bas la branche d'olivier
    qui dit le combat continue.

    Magyd  Cherfi


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